C’est au début des années 1940 que l’aventure des pommes a commencé dans la famille Brie, alors que le grand-père, Rosaire, a entrepris de planter des pommiers sur une terre située sur la route 116, à Princeville. Aujourd’hui, son petit-fils Martin et sa conjointe, Mélanie Fleury, en comptent pas moins de 22 000 répartis au sein de quatre vergers différents.

Rosaire Brie a transmis sa passion de la pomiculture à son fils Pierre qui, à son tour, a trouvé une relève prometteuse grâce à Martin, l’un de ses enfants.

Celui-ci est devenu, en 1997, copropriétaire du Verger des Bois-Francs, qui comprend un site à Princeville ainsi qu’un autre à Plessisville.

Cette aventure, Martin Brie l’a sitôt entreprise avec sa conjointe Mélanie Fleury, alors que les deux tourtereaux étaient respectivement âgés de 26 et 22 ans. Resplendissants de jeunesse, ces entrepreneurs mijotaient déjà mille et un projets… «Alors qu’il avait 11 ou 12 ans, Martin aidait déjà son père. Il se souvient d’ailleurs l’avoir accompagné lorsqu’il effectuait du porte-à-porte pour vendre ses pommes.

Cette dernière est également issue du milieu agricole, étant la fille d’un producteur laitier. «Quand j’ai rencontré Martin et qu’il m’a confié qu’il était intéressé à prendre la relève de l’entreprise familiale, je me suis dit pourquoi pas... Je croyais à l’époque que les pommes poussaient toutes seules», raconte-t-elle, le sourire aux lèvres.

Elle a compris avec le temps que la pomiculture amène son lot de responsabilités. Ce travail l’occupe désormais douze mois par année, dont une période particulièrement intense à l’automne, au moment des récoltes. Par chance, une équipe d’environ 35 employés mettent la main à la pâte au Verger des Bois-Francs.

Que ce soit la taille des pommiers, l’arrosage afin d’éloigner les insectes indésirables, la cueillette des pommes ou l’emballage des fruits, toutes ces tâches réussissent à les tenir en haleine.

Il faut dire que le Verger des Bois-Francs sert de grossiste en fournissant les pommes à plusieurs épiciers… des contrats qui ont réussi à bien positionner l'entreprise sur le marché québécois.

Afin de parvenir à répondre à la demande, le couple rachète les récoltes d’autres pomiculteurs au Québec.

Au cours d’une seule année, pas moins de 8 millions de livres de pommes environ transigent par leur entreprise. Incroyable! «On cueille les pommes avant qu’elles soient matures afin qu'elles se conservent plus longtemps. Ensuite, on les entrepose dans une chambre à atmosphère contrôlée», explique la pomicultrice.

En outre, de sympathiques employés donnent également un coup de main aux kiosques, où l’on trouve une douzaine de variétés de pommes et différents sous-produits, dont le jus et le cidre qui sont fabriqués directement au Verger des Bois-Francs. À cette fin, l'entreprise agricole a fondé une cidrerie au début des années 2000.

Au cours de cette même période, s’est ajoutée l’implantation de l’autocueillette au verger de Plessisville, où un mignon petit kiosque a été aménagé afin d’y recevoir les gens.

Par toutes leurs initiatives, Martin Brie et Mélanie Fleury contribuent à améliorer la qualité de la pomme pour compétionner la pomme provenant de d'autres pays.

Et les entrepreneurs ne s’assoient pas sur leurs lauriers, eux qui tentent notamment de développer de nouvelles sortes de pommes au goût du jour. Au dire de Mme Fleury, la pomme dure a plutôt la cote ces temps-ci. La Spartan, l’Empire et la Honeycrisp figurent parmi les variétés qui gagnent à être croquées, et la Cortland serait toujours aussi populaire.

Cette entreprise représente donc belle histoire de couple, mais aussi de famille. Leurs trois enfants y travaillent également. Il n’est pas non plus exclu que 2 d’entre eux décident de reprendre le flambeau.

Confiant de la relève qui se pointe à l’horizon, Martin Brie et Mélanie Fleury se préparent déjà une retraite… dans les pommes. C’est pour cette raison qu’ils ont acheté, en 2009 et 2010, deux nouveaux vergers à Saint-Paul-d'Abbotsford, dans le coin de Granby.

De toute évidence, chez les Brie et les Fleury, le rouge des pommes symbolise ni plus ni moins la couleur de la passion.

 

 

Source : LEPAGE, Caroline, 2010/10/15, «Verger des Bois-Francs : la passion des pommes perdure depuis trois générations». Forum Agricole

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